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18 août 2015

REDIFFUSION (22/02/2014) : LAC DU CRES et NAPPE PHREATIQUE même DESTIN ... Le saviez vous ?

Capture d’écran 2014-02-22 à 21.21.52.jpgLe LAC du Crès est un site emblématique de notre commune, apprécié de tous les créssois mais aussi des montpelliérains qui viennent nombreux en été se rafraichir sur ses berges.

Si le site est aujourd'hui emménagé en aire de loisir, nombreux sont les créssois, surtout ceux qui sont arrivés ces dix dernières années, qui ignorent sa naissance très mouvementée. Histoire aux multiples rebondissements, qui ressemble, sur la forme, au combat mené par le Collectif Pollution Le Crès pour obtenir la fermeture de l'usine de bitume ASTEN, mais diffère grandement sur le fond ...

Revenons un peu plus de 20 ans en arrière pour re-dérouler le fil des évènements et réaliser à quel point un élément primordial à l'époque a fini par être oublié malgré l'impact qu'il a encore aujourd'hui :

LE LAC DU CRES EST NÉ DE LA MISE A L'AIR LIBRE DE LA NAPPE PHRÉATIQUE A CAUSE D'UNE SUR-EXPLOITATION DE LA CARRIERE DE BOUZIGUES

Comment en est t-on arrivé à cette situation qui pose évidemment des problèmes pour assurer la protection de l'eau potable que les créssois, mais aussi les habitants de St Aunès, de Jacou et de Vendargues, boivent à leur robinet ?

C'est au début des années 90 que commence l'histoire du lac. Le maire de l'époque, Julien QUET, négocie avec la société G.S.M la fin de l'exploitation de la carrière du Crès dont les pourtours appartiennent alors à la commune et toute la partie centrale (ou se trouve une résurgence qui va faire rapidement parler d'elle) à un particulier (M. Durand).

Capture d’écran 2014-02-22 à 20.40.12.jpg

 Comme l'exige la Loi (arrêté préfectoral du 24 Mai 1980), le carrier fait parvenir une proposition à la Préfecture prévoyant l'arrêt des tirs de mines et du concassage, la livraison des matériaux jusqu'à épuisement des stocks et surtout le réaménagement du site pour fin 1993. Les pénalités de retard prévues s'élèvent à plus de 30 000 euros /mois.

Au même moment, afin de contrôler les travaux de réhabilitation de la carrière, se crée l'ADALCE. Cette association milite pour l'aménagement du lac de 25 m de profondeur qui s'est formé petit à petit dans le cratère de la carrière.  Fondée entre autre par J.-M. Rouche alors conseiller municipal et qui deviendra Maire du Crès en 1995, l'ADALCE, demande la modification de l'arrêté préfectoral, c'est à dire l'arrêt du pompage de l'eau du lac et de son remblayage par le carrier.

Le 4 Mai 1993, la Mairie réagit et fait parvenir aux créssois un courrier résumant la situation qui commence à se crisper (Voir ICI).

En Juin 1993, c'est un dossier complet de 40 pages, regroupant tous les courriers officiels et les résultats des études hydro-géologiques, qui est rendu public par la Mairie (Voir ICI).

Le 13 Octobre 1993, la Préfecture confirme l'arrêté préfectoral (datant du 1er juin 1993), qui impose à l'exploitant le remblaiement de la carrière au motif que les études hydro-géologiques complémentaires ont clairement démontré que l'eau du lac provient bien de la nappe phréatique qui alimente en eau potable le Crès (Voir ICI). 

Le risque est trop grand de laisser la nappe phréatique à l'air libre car sa pollution éventuelle pourrait avoir de graves répercutions sur la santé publique.

C'est alors qu'intervient l'association Montpellier-Pêche qui voit le lac comme un futur lieu de pêche privilégié. En Janvier 1994, les associations de pêche de Montpellier et de Castelnau réussissent à signer un compromis de vente avec M. Durand à qui appartient la partie centrale de la carrière. Ce retournement de situation pousse la Préfecture à suspendre le remblaiement afin d'étudier le plan d'aménagement des nouveaux propriétaires du site.

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 En Mai 1994, la Mairie fait usage de son droit de préemption pour acquérir le terrain convoité par la société de pêche de Montpellier et fait parvenir un deuxième courrier aux créssois (Voir ICI). Le site de la carrière devient alors intégralement propriété de la commune.

Le projet des associations de pêcheur est finalement refusé par la Préfecture, à nouveau pour des raisons de protection de la nappe phréatique (voir ICI et LA).

Le remblaiement de la carrière reprend de plus belle et s'engage alors un bras de fer entre les associations de pêcheurs et le carrier. Un blocus de 108 jours est instauré afin de vérifier la nature des matériaux utilisés pour combler la carrière. Selon les associations, qui ont fait intervenir des huissiers, le carrier aurait utilisé, en plus des matériaux de la carrière seuls autorisés, des déchets potentiellement toxiques (goudrons, ferrailles, ...).

A partir de là, et pour désarmorcer une situation explosive, la Préfecture décide de ménager la chèvre et le choux, comme on dit. Elle impose par un nouvel arrêté préfectoral (daté du 12 Aout 1994), la prise en compte d'un plan d'eau au delà du remblaiement exigé par la Mairie.

Capture d’écran 2014-02-22 à 20.45.34.jpg

La carrière est remblayée avec des matériaux "inertes" par le carrier mais il est décidé de laisser subsister un plan d'eau.

Commence alors l'histoire, que nous ne détaillerons pas ici, de l'aménagement du Lac du Crès qui aboutira à celui que nous connaissons aujourd'hui. Disons simplement que nous avons reçu des documents, datant de fin 2002 (1er mandat de P. BONNAL), montrant que des avant-projets prévoyaient des quartiers résidentiels !, de l’hôtellerie !, un forum (agora ?), des guinguettes ! tout autour du lac. Preuve flagrante que l'équipe municipale n'avait rien retenu des mises en garde de la Préfecture et des hydrogéologues.

Nous en reparlerons peut être car rien ne nous assure que ce projet soit totalement abandonné ....

Ce qu'il faut retenir des péripéties qui ont accompagné la création du Lac du Crès :

1- C'est le surcreusement de la carrière du Crès qui, en atteignant la nappe phréatique, a entrainé la formation d'un lac (mise à l'air libre de la nappe phréatique). Lac qui a aussitôt suscité l'intérêt des associations de pécheurs et autres.

2- La Préfecture et la Mairie de l'époque ont, de notre avis, correctement réagi en mettant en avant la protection de la nappe phréatique qui alimente, encore de nos jours, en eau potable plusieurs communes dont le Crès. Le remblaiement et la réhabilitation en site paysagé était donc la meilleure solution d'un point de vue de la santé publique.

3- L'utilisation de matériaux douteux par le carrier pour remblayer la carrière a malheureusement rendu très critiquable la solution prônée par la Préfecture et la Mairie.

4- Et c'est finalement une solution intermédiaire qui s'est imposée : remblaiement + maintient d'un lac.

5- La nappe phréatique et le Lac sont aujourd'hui étroitement liés comme le démontre sa survie depuis de nombreuses années et ses variations de niveau corrélée avec celle de la nappe phréatique. En conséquence, ce qui pollue l'un risque fortement de polluer l'autre.

Qu'en est-il justement de la qualité de l'eau du Lac du Crès ?

Il est malheureusement difficile de répondre à cette question. Il existe, en effet, une base de donnée (ADES) très détaillée pour la nappe phréatique (polluée) du Crès mais rien d'équivalent pour les eaux du Lac dont la qualité est évaluée de manière très différente comme nous allons vous l'expliquer :

L'évaluation de la qualité de l'eau de baignade est essentiellement déterminée au moyen d’indicateurs microbiologiques (bactéries) analysés dans le cadre du contrôle sanitaire organisé par l'ARS. Les analyses microbiologiques effectuées concernent la mesure des germes (bactéries) témoins de contamination fécale. Plus ces germes sont présents en quantité importante, plus le risque sanitaire augmente. Les bactéries recherchées en laboratoire sont les Escherichia coli et les entérocoques intestinaux.

Même si la directive prévoit la réalisation d'un contrôle visuel pour détecter la présence de résidus goudronneux, de verre ou de plastique, d'une surveillance des cyanobactéries, des macroalgues et du phytoplancton et des mesures de gestion en cas de prolifération algale, la présence de ces éléments n'est pas prise en compte pour définir la qualité de l'eau de baignade (A, B, C ou D).

En résumé, l'eau de baignade peut être classée A ET contenir des éléments toxiques visibles tels que des détritus en suspension (car non comptabilisés) ou invisibles tels des métaux lourds, des hydrocarbures, ... (car non mesurés).

L'évaluation de la qualité des eaux du Lac du Crès ignore donc de très nombreux critères et paramètres qui, en cas de dépassement des normes, seraient considérés comme dangereux pour la santé.

Après tout, nous direz vous, il n'y a qu'à ne pas boire la tasse lorsqu'on se baigne dans le Lac du Crès et puis c'est tout ! Ah ben oui, il vaut mieux, vu le taux de Tétrachloroéthylène dans la nappe phréatique (Voir ICI) !

Baigneurs, prenez SVP une bonne douche avant de plonger dans le Lac (après aussi) car n'oubliez pas que le forage du Parc Robert pompe cette eau pour vous l'emmener à votre robinet.

Oh ! c'est encore des mensonges ! vont dire en cœur le Maire et ses adjoints en lisant cet article. Pourtant, nous défions quiconque de prouver le contraire de ce que nous affirmons !

La communication entre la nappe phréatique polluée du Crès et le Lac du Crès est un fait indéniable, validé par tous les experts ayant étudié ce problème. Tout ce qui pollue la nappe, pollue le Lac et tout ce qui pollue le Lac, pollue la nappe.

Voilà encore un dossier (la protection des ressources en eau de la commune) qui devrait figurer en bonne place dans l'AGENDA 21 du Crès. Pourtant, pas une ligne ....

Vous trouvez ça normal ?

InfoLeCres

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